Multitudes

A falta de barco, cruzamos el Océano Indico en avión. Desde la ventanilla vemos pasar Pakistán y en menos de dos horas aterrizamos en Ahmenabad, capital de la región india de Gujarat, con más de tres millones de habitantes. En lo que montamos las bicis cae la noche y como primer contacto con la circulación india atravesamos la ciudad recorriendo los quince kilómetros que nos separan de la casa de Bharat, el Warm Shower que nos espera hoy. En este primer enfrentamiento con el caótico tráfico indio, experimentamos una mezcla de adrenalina, euforia y estrés, un coktail de choque que nos sirve de curso de introducción a las técnicas locales de conducción. Lo primero es comprender que nadie quiere chocarse con nadie, que el caos en realidad está organizado, las vacas tienen prioridad sobre todos los vehículos, se conduce por la izquierda (por el pasado colonial) y el klaxón vale para todo y sustituye a todas las señales : “voy a girar”, “estoy aquí”, “cuidado que voy”, “mira turistas”, “adelantando”... y esta maraña de camiones, coches, motos, bicicletas, tuk-tuks, peatones, vacas, perros y cerditos, fluye. Lo más importante es avanzar con la masa, no dudar y confiar en que nadie quiere chocarse con nadie.  

 

Pasamos tres días en la búrbuja de Ahmenabad creada por la protección y los cuidados de Bharat y su familia que orgullosos nos enseñan el Ashram donde Gandhi desarrolló parte de sus teorías y emprendió su Marcha de la Sal hacia el sur. 

 

Después de pasar el Año Nuevo con ellos, nos encaminamos hacia el norte a la región vecina de Rajasthan conocida por sus numerosos atractivos turísticos. La primera gran ciudad que visitamos es Udaipur, bien llamada “Ciudad de los Lagos”, con su City Palace y sus atardeceres reflejados en las aguas del lago Pichola. Dedicamos dos días a recorrer sus calles empinadas y a observar la vida de los indios y los contrastes con la presencia turística. A continuación decidimos cruzar la cadena montañosa de los Aravellis para visitar el fuerte de Kumbargarh yel templo jaín de Ranakpur. Este segundo nos ha impresionado mucho, por la complejidad de su construcción, con ochenta cúpulas y más de mil cuatrocientos pilares, todos ellos diferentes, tallados en mármol blanco. 

Faute de bateau, nous traversons l'Océan Indien en avion. Depuis le hublot nous voyons passer le Pakistan et en moins de deux heures nous atterrissons à Ahmenabad, capitale de la région indienne du Gujarat, avec plus de trois millions d'habitants. Pendant que nous assemblons les vélos, la nuit tombe, et en guise de premier contact avec la circulation indienne, nous traversons la ville et parcourons les quinze kilomètres qui nous séparent du domicile de Bharat, le Warm Shower qui nous attend. Pendant ce premier face à face avec le chaotique trafic indien, nous ressentons un mélange d'adrénaline, euphorie et stress, un cocktail de choc qui fait office de cours d'introduction aux techniques locales de conduite. Tout d'abord, il faut comprendre que personne ne souhaite avoir d'accident, que le chaos est en réalité organisé, les vaches ont la priorité sur tous les véhicules, on conduit à gauche (passé colonial oblige) et le klaxon sert à tout et remplace signaux et panneaux : “je vais tourner”, “je suis là”, “attention, j'arrive”, “oh regarde des touristes”, “je double”... et ce flot de camions, voitures, motos, vélos, touc-toucs, piétons, vaches, chiens, cochons, s'écoule sans encombre. Le plus important est d'avancer avec la masse, ne pas hésiter et se convaincre que personne ne désire avoir d'accident.  

 

Nous passons trois jours dans la bulle d'Ahmenabad, créée par la protection et les soins de Bharat et sa famille qui nous montrent fièrement l'Ashram où Gandhi a développé une partie de ses théories et a entrepris sa Marche du Sel vers le Sud.  

 

Après avoir passé le réveillon du Nouvel An avec eux, nous prenons la route vers le Nord et la région voisine du Rajasthan connue pour ses nombreuses attractions touristiques. La première grande ville que nous visitons est Udaipur, bien nommée “Ville des Lacs”, son City Palace et ses couchers de soleil qui se reflètent dans les eaux du lac Pichola. Nous consacrons deux jours à parcourir ses rues pentues et à observer la vie des indiens et les contrastes avec la présence touristique. Nous décidons ensuite de traverser la chaîne de montagnes des Aravellis pour voir le fort de Kumbargarh et le temple jaïn de Ranakpur. Ce dernier nous impressionne beaucoup, de par la complexité de sa construction, avec quatre-vingt coupoles et plus de mille quatre-cent piliers tous différents, taillés délicatement dans le marbre blanc.  


El diez de enero llegamos a la ciudad de Pali donde la familia de Mrigank nos espera a pesar de que él, que es nuestro contacto de Warm Showers, no está. Alrededor de un masala chai (el té típico preparado con leche y especies), empezamos a conversar, conocernos y al preguntarnos cuántos años tenemos les contamos que ese día Millán cumple treinta y cuatro años. En pocos minutos organizan una fiesta de cumpleaños de la que nos dicen que no la vamos a olvidar, llamando a todos los vecinos y amigos para que vengan. En treinta minutos pasamos de cuatro a quince, todos sentados alrededor de una tarta personalizada y en otros quince volvemos a ser cuatro. Podemos decir que no lo olvidaremos. Cuando llevas mucho tiempo fuera de casa, lejos de tus seres queridos, gestos como éstos te llegan al corazón, cada vez que alguien nos abre la puerta de su casa nos emociona hasta el punto de querer tener ya nuestra casa para hacer lo mismo. 

 

En Jodhpur, nos encontramos con Jeanette, una cicloviajera canadiense que tras jubilarse se lanzó a recorrer el mundo con su bicicleta. Fue curioso como la llegamos a conocer ya que estando en Udaipur, alguien nos dejó una pequeña nota en nuestras bicis, mientras estaban aparcadas en la calle. Era ella que nos proponía tomar un té juntos y conversar. Nos encantó por su energía, su locura, su alegría y por todas las historias que nos contó... otro encuentro inspirador para el futuro. Nunca es tarde para perseguir sus sueños. Aquí también visitamos el espectacular fuerte de Mehrangarh que domina la “ciudad azul”, cuya construcción fue iniciada en el siglo XV por un jefe Rajput fundando así en Jodhpur la capital del Marwar. 

 

La India nos ha impresionado mucho por la contaminación y la riqueza de su biodiversidad, una mezcla rara pero posible. No hay contenedores como tal, la gente tira su basura directamente en vertederos al aire libre donde aves, vacas, monos, perros, etc, comen. Queremos imaginar que de vez en cuando alguien recogera estos residuos pero lo que está claro es que no hay infraestructura como tal. Por otro lado, la calidad del aire es nefasta por la cantidad de vehículos que circulan sumada a la cantidad de polvo en suspensión debido creemos que a las construcciones y a otros factores que no hemos sabido identificar. Pero sorprendentemente, hay una variedad de pájaros impresionante. Todas las ciudades están sobrevoladas por decenas de milanos negros, cotorras verdes y demás pájaros mientras los alrededores y las zonas de campo albergan diferentes tipos de ibis, cigüeñas, martinpescadores, rapaces y muchos más de los que volveremos a hablar más adelante !

Le dix janvier, nous arrivons dans la ville de Pali où la famille de Mrigank nous attend malgré que celui-ci, qui est notre contact de Warm Shower, ne soit pas présent. Autour d'un masala chai (le thé typique à base de lait et d'épices), nous commençons à discuter, à nous présenter et lorsqu'ils nous demandent nos âges, nous leur disons que ce jour-là Millán fête ses trente quatre ans. En quelques minutes, ils organisent une fête d'anniversaire qu'ils veulent “inoubliable”, invitant tous leurs voisins et amis. Trente minutes plus tard, nous sommes quinze au lieu de quatre, tous assis autour d'un gâteau personnalisé, quinze minutes encore et nous sommes quatre à nouveau. Nous ne l'oublierons pas! Quand on est loin de chez soi depuis longtemps, loin de nos proches, des gestes comme ceux-là font chaud au cœur, chaque fois que quelqu'un nous ouvre les portes de sa maison, il nous émeut au point de vouloir tout de suite être chez nous pour leur rendre la pareille.

 

A Jodhpur nous rencontrons Jeannette, une cyclo-voyageuse québécoise, qui après avoir pris sa retraite est partie (re)découvrir le monde sur son vélo. Notre rencontre est drôle : à Udaipur, nous avons trouvé un matin un petit mot glissé entre nos vélos garés dans la rue. C'était elle qui nous proposait de boire un thé et de discuter. Nous avons adoré son énergie, sa folie, sa joie de vivre et toutes les histoires qu'elle nous a racontés... encore une rencontre inspiratrice pour le futur, il n'est jamais trop tard pour réaliser ses rêves. Nous visitons ici aussi le spectaculaire fort de Mehrangarh qui domine la “ville bleue” et dont la construction a commencé au XVème siècle par un chef Rajput, fondant ainsi à Jodhpur la capitale du Marwar.

 

L'Inde nous a beaucoup impressionnés de par le contraste entre la pollution omniprésente et une biodiversité très riche, un mélange étrange mais apparemment possible. Pas de bennes à ordures à proprement parlé, les gens jettent leurs déchets directement dans des dépotoirs à l'air libre où les oiseaux, les vaches, les singes, les chiens, etc, mangent tranquillement. Nous aimons imaginer que quelqu'un vient les ramasser parfois mais il est clair qu'il n'existe pas d'infrastructure à proprement parlé. D'autre part, la qualité de l'air est plus que néfaste à cause de la quantité de véhicules qui circulent à laquelle s'ajoute la quantité de poussière en suspension due, selon nous, aux nombreuses constructions, et certainement à d'autres facteurs que nous n'avons pas su identifier. Mais étonnement, il y a ici une variété d'oiseaux impressionnante. Toutes les villes sont survolées par des dizaines de milans noirs, de perruches vertes et autres oiseaux alors que les environs et les zones rurales hébergent différents types d'ibis, cigognes, martin-pêcheurs, rapaces et bien d'autres sur lesquels nous reviendrons plus tard !


Continuamos nuestro recorrido hacia el noreste, cruzando zonas agrícolas siempre muy habitadas, hasta llegar a Pushkar, pequeña ciudad vecina de Ajmer y lugar de peregrinaje para los hinduistas. Se caracteriza por sus más de cuatrocientos templos que rodean un pequeño lago, donde los fieles bajan al amanecer mediante unos cincuenta “ghats”, escaleras que permiten acceder al agua para realizar las abluciones y rituales propias de su culto. Pushkar se ha convertido en un lugar muy turístico, atrayendo a gran parte del movimiento hippie de la década de los setenta, y ahora atrayendo a gran parte de los lectores de la Lonely Planet. Con razón nuestro amigo Javier nos aconsejaba de ir antes del amanecer, con un chai y unas samosas, a presenciar el despertar de la ciudad y la llegada de los peregrinos, para ver cómo se bañan y dan la vuelta al lago recitando oraciones. El mes de enero es uno de los más “fríos” aquí, y los feligreces tardan en meterse al agua, pero disfrutamos de un momento de calma viendo cómo la luz del sol le cambia el color a las fachadas que se reflejan en el agua, antes de emprender camino hacia la siguiente parada, Jaipur.  

 

En Jaipur, nos espera Manuma, una joven de la red de Couchsurfing (que se usa mucho en la India y por la que paliamos a veces la falta de Warm Showers), y su compañera de piso Ritu. Ingeniera informática y estudiante de farmacia, pasamos con ellas un agradable fin de semana, que dedican a dormir y descansar mientras nosotros recorremos la Ciudad Rosa, comiendo thali y dulces en los pequeños puestos callejeros, negociando el precio de las cosas con los vendedores que siempre hablan suficiente español o francés como para convercernos de que no nos están estafando.  

Nous continuons notre route vers le Nord-Est, traversant des zones agricoles toujours très peuplées, jusqu'à arriver à Pushkar, petite ville voisine d'Ajmer et haut lieu de pèlerinage pour les hindous. Pushkar se caractérise par ses quatre-cent temples qui entourent un petit lac, où les fidèles descendent au lever du soleil grâce à une cinquantaine de “ghats”, escaliers qui permettent d'accéder à l'eau afin de réaliser les ablutions et rituels propres à leur culte. Pushkar est devenue un endroit très touristique, a attiré une grande partie du mouvement hippie des années soixante-dix, attirant maintenant une grande partie des lecteurs du Lonely Planet. Notre ami Javier avait raison de nous conseiller d'aller au bord du lac avant le lever du soleil, avec un chai et des samosas, pour assister au réveil de la ville et à l'arrivée des pèlerins, les voir se baigner ou faire le tour du lac en récitant leurs prières. Janvier est un des mois les plus “froids” ici et les fidèles retardent le moment de la baignade, mais nous profitons d'un moment de calme voyant comment la lumière du soleil change les couleurs des façades qui se reflètent dans l'eau, avant de reprendre nos vélos vers le prochain arrêt, Jaipur. 

 

A Jaipur, nous attendent Manuma, une jeune du réseau Couchsurfing (très utilisé en Inde et grâce auquel nous pallions parfois au manque de Warm Showers), et sa colocataire Ritu. Ingénieure informaticienne et étudiante en pharmacologie, nous passons avec elles un agréable week-end, qu'elles consacrent à dormir et se reposer pendant que nous découvrons la Ville Rose, mangeant du thali et des sucreries indiennes dans les petits stands de la rue, négociant les prix avec des vendeurs qui parlent assez d'espagnol ou de français pour nous convaincre qu'ils n'essaient pas de nous arnaquer. 


Entre Jaipur y Agra, paramos primero en el pequeño pueblo de Abhaneri para ver el impresionante pozo de Chand Baori, construído en el siglo octavo para las abluciones que precedían a la visita del templo vecino de Harsat Mata. Este baori es un cuadrado de treinta metros de lado, profundo de veinte, y rodeado de tres series de escaleras de doce niveles, colocadas de una manera geométrica que permitía a un máximo de gente bajar hasta el nivel del agua y que le dan al conjunto su aspecto psicodélico. Ese día por primera vez en meses, el día ha amanecido nublado. La tormenta estalla cuando salimos del recinto del pozo, logramos refugiarnos bajo el sotechado de unas tiendas y vemos como la vida se suspende por quince minutos hasta que la lluvia para y todo el mundo reanuda sus actividades, reabre las persianas de sus puestos, vuelve a sacar las tablas de madera rebosantes de fruta y verdura. Mientras almorzamos a un lado de la carretera, vemos pasar un cicloviajero, agarrado de un camión, le llamamos y vemos como suelta el camión para venir a conversar con nosotros, con una mueca que significa que le hemos arruinado su descanso. Es Tomás, un treintañero checo que lleva unos nueve meses de viaje solitario y que se dirige hacia el Sureste de Asia después de haber cruzado Europa, Medio Oriente y la Karakorum Highway. Soñamos con sus historias mientras nos refugiamos juntos de un segundo chaparrón, esperamos que amaine un poco antes de ponernos los chubasqueros y retomar el camino juntos. Es más rápido que nosotros, y le perdemos el rastro rápido. 

 

En Mascate, nuestros anfitriones británicos Malcolm y July nos habían hablado de los parques nacionales indios, lugares propicios al avistamiento de aves. Hemos elegido el Bird Sanctuary de Keoladeo para ir a observar más de cerca la gran variedad de pájaros indios. Instalamos el campo base en la ciudad de Bharatpur, esperando un día claro que no llegará. Millán se ha dado cuenta de que su rueda trasera tiene un radio roto por el lado de los piñones y como no tenemos la llave adecuada para quitar el cassette nos atrevemos a pedir ayuda en los puestos minúsculos de la calle. Más que tiendas de bicis podríamos calificarlos de armarios. Millán ya no tiene uñas cuando, después de dos horas, gracias a desmontar todo el buje, un video de Youtube y un poco de maña, el “ingeniero” de la tienda y Millán logran quitar el cassette, el primero de nueve piñones que ve en su vida, y cambiar el radio roto, que le proporcionamos nosotros. El dueño de la tienda, un entusiasmado miembro del Bharatpur Cycling Club, nos despide después de unos selfies y cien rupias por el servicio. A las seis de la tarde, golpea a nuestra puerta de hotel para pedirnos que nos reunamos con el resto de club al día siguiente pero como queremos ir al parque nacional le decimos que no podemos. Insiste tanto que decidimos vernos antes de la apertura del parque, a las seis y media de la mañana. Queríamos ir antes del amanecer porque es la mejor hora para ver la mayoría de los pájaros pero como el día amanece igual de nublado que los dos anteriores, tomamos el tiempo de compartir con los cinco valientes que ya han hecho su vuelta cotidiana de bici y nos invitan a un chai en un puesto escondido entre las ramas. Saldrá de este encuentro un artículo en el periódico local y muchos selfies. 

Entre Jaipur et Agra, nous nous arrêtons d'abord dans le village d'Abhaneri pour voir l'impressionnant puits de Chand Baori, construit au VIIIème siècle pour les ablutions qui précédaient à la visite du temple voisin d'Harsat Mata. Ce baori est un carré de trente mètres de côté et de vingt mètres de fond, entouré de trois volées d'escaliers sur douze niveaux, assemblés de manière géométrique permettant ainsi à un maximum de gens d'atteindre le niveau de l'eau et qui donne à l'ensemble cet aspect psychédélique. Ce jour-là pour la première fois depuis presque trois mois, nous nous sommes réveillés sous un ciel nuageux. L'orage éclate quand nous sortons de l'enceinte du puits, nous réussissons à nous réfugier sous l'avancée de toit de plusieurs boutiques et nous observons la vie se suspendre pendant quinze minutes jusqu'à ce que la pluie cesse et que tout le monde reprenne le cours de ses activités, rouvre les stores des stands, ressorte les planches débordantes de fruits et légumes. Alors que nous grignotons sur le bord de la route, nous voyons passer un cyclo-voyageur, accroché de son bras tendu à l'arrière d'un camion, nous l'appelons, il lâche le camion pour venir parler avec nous, sans dissimuler une légère grimace qui veut dire que nous lui avons gâché son repos. Il s'agit de Tomas, un trentenaire tchèque qui est en voyage en solitaire depuis neuf moi et qui se dirige vers l'Asie du Sud-Est après avoir traversé l'Europe, le Moyen-Orient et la Karakorum Highway. Nous rêvons à ses histoires alors que nous nous protégeons ensemble d'un deuxième orage, nous attendons un moment de calme pour enfiler nos imperméables et reprendre ensemble la route. Il est plus rapide que nous, nous perdons rapidement sa trace.

 

A Mascate, nos hôtes britanniques Malcolm et July nous avaient parlé des parcs nationaux indiens, endroits propices à l'observation d'oiseaux. Nous avons choisi le Bird Sanctuary de Keoladeo pour aller observer de plus près la grande variété d'oiseaux indiens. Nous installons le camp de base dans la ville de Bharatpur, attendant qu'un jour clair apparaisse. Millán s'est rendu compte que sa roue arrière avait un rayon cassé du côté des pignons et comme nous n'avons pas l'outil adéquat pour enlever la cassette nous osons demander de l'aide dans les minuscules stands de la rue. Plus armoires avec vue sur la rue que boutiques de vélos à proprement parlé, Millán n'a plus d'ongles quand, deux heures plus tard, après avoir enlevé l'axe, montré une vidéo de Youtube et beaucoup insisté, “l'ingénieur” de l'échoppe et Millán réussissent à démonter la cassette, la première à neuf pignons que le pauvre homme voit de toute sa vie, et changer le rayon, que nous avions d'avance. Le patron de la boutique, enthousiaste membre du Bharatpur Cycling Club, nous laisse partir après de nombreux selfies et cent roupies pour le service. A dix-huit heures, il frappe à la porte de notre chambre d'hôtel pour nous demander de rencontrer le reste de son club le lendemain matin mais comme nous avons prévu de nous rendre au parc national à la première heure, nous lui disons que nous ne pouvons pas. Il insiste tellement que nous nous donnons rendez-vous avant l'ouverture du parc, à six heures et demi du lendemain matin. Nous voulions être dans le parc avant le lever du soleil, meilleur moment de la journée pour observer la plupart des oiseaux, mais comme la journée commence aussi nuageuse que la veille et l'avant-veille, nous prenons le temps de discuter avec les cinq courageux qui ont déjà fait leur tour de vélo quotidien et nous invitent à un chai dans une échoppe cachée entre les branches. Le résultat de cette rencontre sera un article dans le journal local et bon nombre de... selfies !


El Parque de Keoladeo es uno de las reservas ornitológicas más importantes del mundo y caemos en la época en que están presentes la mayoría de las especies. Aunque el día no es bueno logramos ver, a veces muy de cerca, más pájaros de lo que imaginábamos. Este párrafo se va a poner un poco friki así que podéis pasar directamente al siguiente. Aguilucho lagunero, cernícalo, aninga común, tántalo indio, cigüeña lanuda, garcilla india, garza real, cerceta común, pato crestudo, pavo real, calamón común, gallineta común, focha común, vinago patigualdo, cucal chino, alción de Esmirna, martín-pescador común, abubilla, alcaudón dorsicastaño, urraca vagabunda, bulbul cafre, turtoide de Earle, mina común, estornino de las pagodas, tarabilla terrestre... hemos estado diez horas recorriendo la reserva en bici, suplicando que se levantara la niebla para poder ver más. El parque recibe ornitólogos y amantes de los pájaros de todo el mundo, ese día nos cruzamos con más de veinte cámaras con objetivos de medio metro. También nos ha sorprendido lo acostumbrado que están los pájaros a la presencia humana, la escena de un martín-pescador rodeado de fotógrafos parados a cinco metros de él y cazando como si estuviera solo nos dejó alucinados.  

Le parc de Keoladeo est une des réserves ornithologiques les plus importantes du monde et nous tombons pile à l'époque de l'année pendant laquelle est présente la majorité des espèces de passage. Même si le temps est couvert nous réussissons à voir, parfois de très près, plus d'oiseaux que nous ne l'imaginions. Ce paragraphe va devenir un peu obsessionnel, vous pouvez passer directement au suivant. Busard des roseaux, faucon crécerelle, anhinga roux, tantale indien, cigogne épiscopale, crabier de Gray, héron cendré, sarcelle d'hiver, canard à bosse, paon bleu, talève sultane, gallinule poule d'eau, foulque macroule, colombar commandeur, grand coucal, martin-chasseur de Smyrne, martin-pêcheur commun, huppe fasciée, pie-grièche à bandeau, témia vagabonde, bulbul à ventre rouge, cratérope strié, martin triste, étourneau des pagodes, pseudotraquet indien... nous avons passé dix heures dans la réserve, à l'explorer en tous sens sur nos vélos, priant pour que le brouillard se lève. Ce parc reçoit des ornithologues et des amateurs d'oiseaux du monde entier, ce jour-là nous avons croisé plus de vingt appareils photos avec des objectifs de plus de quarante centimètres. Nous avons aussi été surpris par les oiseaux, très habitués à la présence humaine, la scène d'un martin-pêcheur entouré de photographes debout à cinq mètres de lui, chassant comme si de rien n'était nous a laissés pantois.  


Unas cuantas pedaladas más y llegamos a Agra, ciudad que alberga unas de las siete maravillas del mundo y una de las imágenes más conocidas de la India : el Taj Mahal. No podíamos pasar al lado sin parar a verlo. Una vez más gracias a Warm Showers, se nos abre una puerta, en este caso la de John y su hermano Moses, propietarios del hostal Zigzag, que nos acogen gratuitamente durante tres noches. Cinco y media de la mañana, somos de los primeros en llegar a las taquillas donde se venden las caras entradas para aceder a este gran monumento. La idea es ver el amanecer dentro del recinto junto a decenas de turistas nacionales e internacionales que han tenido la misma idea que nosotros, el frío nos tiene a todos encogidos cuando empiezan a aparecer las primeras luces. Una vez dentro, disfrutamos apenas diez minutos de la calma que rodea el mausoleo antes de que lleguen las hordas de turistas en buscan del mejor sitio para el mejor selfie. El Taj Mahal, todo de mármol blanco, está sufriendo la contaminación de la ciudad, por lo cual se ha creado un cinturón de un kilómetro alrededor del monumento donde se prohibe la circulación de los vehículos motorizados con el objetivo de conservar su color original.  

 

Un último empujón y estamos al pie de la frontera con Nepal, viendo como cambia el paisaje, cada vez más selvático y de vegetación más frondosa. A lo lejos se distinguen montañas, diciéndonos que ya estamos llegando a nuestro destino, multiplicando nuestras ganas de avanzar a la vez que nos recuerdan que dejamos atrás más de ocho meses de viaje y nueve mil kilómetros pedaleados.  

Quelques coups de pédales plus loin et nous arrivons à Agra, la ville qui abrite une des sept merveilles du monde et une des images les plus connues d'Inde : le Taj Mahal. Nous ne pouvions pas passer à côté sans le voir. Une fois de plus, grâce à Warm Showers, on nous ouvre une porte, cette fois celle de John et son frère Moses, propriétaires de l'auberge de jeunesse Zigzag, qui nous y accueillent pendant trois nuits gratuitement. Cinq heures et demi du matin, nous sommes les premiers à arriver aux guichets pour acheter les entrées hors de prix. Nous comptons voir le lever du soleil dans l'enceinte, accompagnés de dizaines de touristes nationaux et internationaux qui ont eu la même idée que nous, tous courbés par le froid quand les premières lueurs apparaissent. Une fois à l'intérieur, nous profitons d'à peine dix minutes du calme qui entoure le mausolée avant qu'arrivent les hordes de touristes en quête du meilleur endroit pour le meilleur selfie. Le Taj Mahal, tout de marbre blanc, souffre de la pollution de la ville, c'est pourquoi une ceinture d'un kilomètre à la ronde a été créée autour du monument, interdisant la circulation des véhicules motorisés afin de conserver sa couleur originelle.  

 

Un dernier effort et nous sommes aux abords de la frontière népalaise, voyant changer le paysage, de plus en plus verdoyant et à la végétation de plus en plus exubérante. Au loin nous distinguons des montagnes, qui nous disent que nous arrivons à destination, multipliant notre envie d'avancer tout en nous rappelant que nous laissons derrière nous plus de huit mois de voyage et neuf mille kilomètres pédalés.  


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Avec la collaboration de : 

Un immense merci à toute l'équipe de l'Ecole du Ski Français des Contamines-Montjoie pour leur soutien tant matériel que moral !