Merci Mamnoun

Con este cambio radical de rumbo y una ampliación de visa de veinte días, nos vemos obligados a coger un tren y avanzar camino. En veinte días no nos daría tiempo a cruzar todo Irán en bici hasta el puerto de Bandar Lengeh donde cogeremos el ferry hasta Dubai. Tras una noche en un tren cama, llegamos a Kerman, ciudad fuera de los circuitos turísticos, en el sureste del país. Elegimos venir hasta aquí porque nuestros amigos Reza y Ali Gandji, dos alegres cicloviajeros iraníes que conocimos en Turquía, nos han invitado a participar en un encuentro de autocaravanas y campistas organizado por la asociación Persian Campers a la que pertenecen. Felices de volver a la bicicleta, pedaleamos treinta kilómetros hasta el lugar del encuentro, sin saber aún muy bien donde nos estábamos metiendo. El lugar de encuentro es una granja inmensa y vacía, rodeada de plantaciones de pistacho y viñedos, que ha sido habilitada para recibir a más de 300 personas de todo Irán que vendrán con sus autocaravanas, caravanas, furgonetas o simplemente su tienda de campaña, a pasar el fin de semana. Estamos ahí dos días, pasando sin escapatorio de un grupo a otro, de barbacoas a tés con dátiles, de bailes alrededor del fuego a degustaciones de alcoholes caseros. Aunque beber alcohol y bailar estén prohibidos, los iraníes aprovechan este tipo de ocasiones donde gozan de un cierto aíslamiento y están arropados por un grupo de iguales, para desfogarse. Basta con la música de un coche para que los padres empiecen a bailar y arrastren al resto de la familia y a la gente de los grupos de alrededor.  

Avec ce changement radical de cap et une extension de visa de vingt jours, nous sommes obligés de prendre un train pour gagner du temps. En vingt jours, nous ne pourrions pas traverser tout l'Iran en vélo jusqu'au port de Bandar Lengeh où nous prendrons le ferry pour Dubai. Après une nuit dans un train-couchette, nous arrivons à Kerman, une ville du sud-est du pays, hors des circuits touristiques. Nous avons choisi de venir jusqu'ici car nos amis Reza et Ali Gandji, deux joyeux cyclo-voyageurs iraniens que nous avions rencontrés en Turquie, nous ont invités à participer à une regroupement de camping-cars et de campeurs organisé par l'association Persian Campers à laquelle ils appartiennent. Heureux de reprendre le vélo, nous pédalons trente kilomètres jusqu'au point de rendez-vous, sans trop savoir ce qui nous attend. Le site est une ferme immense et vide, entourée de plantations de pistachiers et de raisin, habilitée pour accueillir plus de 300 personnes de tout le pays qui viendront dans leurs camping-cars, caravanes, fourgons aménagés ou simplement avec leur tente, pour passer le week-end. Nous y restons deux jours, passant sans échappatoire d'un groupe à l'autre, d'un barbecue à un thé et ses dattes, de danses autour du feu à la dégustation de liqueurs sous le manteau. Même si boire de l'alcool et danser sont interdits, les iraniens profitent de ce genre d'occasions, de l'isolement et de la protection du groupe d'égaux, pour se défouler. Il suffit de la musique d'une voiture aux portières ouvertes pour que les pères de famille commencent à danser et entraînent le reste de la smala et les gens des groupes alentours. 


Como no podía ser de otra forma, salimos de ahí en autocaravana, con las bicicletas atadas de la puerta trasera y todas las alforjas sobre la baca, adoptados por un grupo de familias que insisten en enseñarnos el desierto de los Kaluts, el Dasht-e Lut, desierto más caliente del mundo. Los Kaluts son unas formaciones de arena compactada por la poca lluvia que cae y erosionadas por el viento, atraen a los turistas iraníes que vienen a pasear entre ellos a lomo de camello y a los locales que vienen a pasar la noche en la tranquilidad del desierto. Tranquilidad entre comillas porque después de comer, la sobremesa se convierte en una pequeña fiesta que termina derivando en una fiesta en toda regla. Es asombrosa esa capacidad que tienen de lanzarse todos a bailar, con sólo unos chasquidos de dedos y alguien que se ponga a cantar. Como es asombrosa la rapidez con la que se vuelven a tranquilizar, están siempre con un ojo alerta por si pasa un coche de policía o de alguien que pueda denunciarles. Con la noche y la ayuda de un enorme altavoz la fiesta continúa, uniendo a grupos de desconocidos que, atraídos por la música, se juntan para bailar. Todos nos piden que bailemos y como buenamente podemos intentamos estar a la altura de sus expectativas.  

En toute logique, nous quittons le site en camping-car, les vélos attachés sur la porte arrière et les sacoches ficelées sur le toit, adoptés par un groupe de trois familles qui insistent pour nous faire découvrir le désert des Kalouts, le Dasht-e Lut, désert le plus chaud du monde. Les Kalouts sont des formations de sable compacté par les rares pluies et érodées par le vent, qui attirent les touristes iraniens qui viennent s'y promener à dos de chameau et les locaux qui viennent passer la nuit dans la tranquillité du désert. Tranquillité toute relative puisque après manger, la réunion prend des airs de fête dérivant vite en un véritable bal. Les iraniens ont une magnifique capacité à se mettre à danser au moindre claquement de doigts ou aux moindres notes chantées par l'un d'eux. Ils ont aussi la triste capacité de se freiner brutalement, lorsque passe une voiture qui pourrait être de la police secrète. A la tombée de la nuit et à l'aide d'un énorme haut-parleur, la fête reprend de plus belle, unissant des groupes d'inconnus qui se joignent à la danse attirés par la musique. Ils veulent tous bien évidemment nous voir danser et nous essayons tant bien que mal d'être à la hauteur de leurs attentes. 


Al día siguiente, todavía compartimos un tramo de carretera hasta la ciudad de Bam, famosa por su ciudadela de adobe que se remonta a la época parta y fue ampliada bajo la dinastía de los safavides, y en otra época, parada obligada para las caravanas de la Ruta de la Seda. En parte destruída en el 2003 por un terremoto, declarada Patrimonio de la Humanidad en el 2004, está ahora siendo reconstruída. Es aquí donde se separan nuestros caminos, pese a que vayan también hacia el sur, tenemos ganas de seguir pedaleando por Irán.   

Le lendemain, nous partageons un dernier bout de route avec eux jusqu'à la ville de Bam, célèbre pour sa citadelle d'adobe qui remonte à l'époque parthe et qui fut agrandie sous la dynastie des Safavides, plus tard arrêt systématique des caravanes de la Route de la Soie. En grande partie détruite par le tremblement de terre de 2003, déclarée Patrimoine Mondial de l'Humanité en 2004, elle est aujourd'hui en cours de reconstruction. C'est là que se séparent nos chemins, même s'il vont vers le sud, nous avons envie de pédaler dans ce qui nous reste d'Iran.  


Tras dos días de pedaleo llegamos a la ciudad de Jiroft, donde por indicación de la policía, nos instalamos en un parque público del centro para pasar la noche. Aunque es el sitio donde dormiría cualquier iraní que estuviera viajando, la gente se niega a dejarnos dormir ahí y nos consiguen una habitación en una pequeña residencia que pertenece al Ministerio de Agricultura. A la mañana siguiente, todos los funcionarios salen de sus despachos a despedirnos y entre agradecimientos y apretones de manos, continuamos la ruta. Pasamos varios días entre palmerales y montañas bajas de tierra rojiza hasta llegar a la ciudad portuaria de Bandar Abbas.

Après deux jours de vélo, nous arrivons à Jiroft, où sur les indications de la police, nous nous installons dans un jardin public du centre pour passer la nuit. Même si c'est là que dormirait n'importe quel iranien en voyage, les gens refusent de nous laisser dormir là et quelqu'un nous trouve une chambre dans une petite résidence du Ministère de l'Agriculture. Le lendemain matin, les fonctionnaires en costume sortent de leurs bureaux pour saluer les deux touristes. Nous passons ensuite plusieurs belles journées entre palmeraies et montagnes basses de terre rouge, jusqu'à atteindre la ville portuaire de Bandar Abbas.


No sabemos si después de tres artículos hemos sido capaces de transmitiros el nivel de hospitalidad iraní. Pero por si acaso, aquí va un ejemplo más. Perdidos por la ciudad, conocemos a Foad, el dueño de una tienda de materiales de construcción a quien le encanta la bici y que nos sigue en su motocicleta para darnos su tarjeta. Se da la casualidad que volvemos a pasar por su puerta y nos invita a entrar para tomar un té y terminamos aceptando su oferta de poner la tienda en su almacén. Compartimos varios momentos con él y su familia, incluso un almuerzo en casa de sus amigos que antes de irnos nos regalan dos conservas de torchi, verduras maceradas en vinagre y especies que acompañan sus comidas.  

Au cas où en trois articles nous n'ayons pas réussi à vous transmettre le degré d'hospitalité des iraniens, nous vous en donnons un autre exemple. Perdus dans la ville, nous rencontrons Foad, le patron d'une boutique de matériaux de construction qui adore le vélo et nous suit sur sa petite moto pour nous donner sa carte. Nous le retrouvons par hasard devant la porte de son négoce, il nous invite à entrer pour boire le thé et nous finissons par accepter son offre de planter notre tente dans la cour qui lui sert d'entrepôt. Nous partageons de nombreux moments avec lui et sa famille, jusqu'à un repas chez des amis à lui qui ne nous laissent pas partir sans deux pots faits maison de torchi, de petits légumes macérés dans du vinaigre et des épices qui accompagnent leurs repas. 


Bandar Abbas es el puerto mas grande de Irán donde conviven diferentes culturas y tradiciones. Entre ellas destaca la de la burqa, máscara de tela de colores que llevan algunas mujeres árabes que viven en la región de Hormozgan. Desde esta ciudad portuaria, nos desplazamos hasta Bandar Lengeh, donde cogeremos el barco, y ahí descubrimos otro tipo de máscara dorada, una estructura fina que rodea la cara con una barra que tapa en parte los ojos y una forma como de bigote que disimula la boca.

 

En nuestra última noche en Irán, al no encontrar otro sitio, le pedimos a los responsables de un centro de primeros auxilios poner la tienda en el recinto, encantados aceptan, dándonos una última muestra de lo que significa la hospitalidad. 

 

Rodeados de mezquitas, despertamos a las cinco de la mañana con la primera llamada al rezo, que parece hacer eco de un minaret a otro. Entusiasmados por la idea de atravesar el Golfo Pérsico y adentrarnos en la península arábica, pero emocionados de dejar un país que nos ha tratado como a hijos, nos subimos al barco que nos lleva hacia nuevas aventuras.  

Bandar Abbas est le plus grand port d'Iran, où cohabitent différentes cultures et traditions. Parmi elles, celle de la burqa attire particulièrement notre attention, c'est un masque de toile de couleurs que portent certaines femmes arabes dans la région d'Hormozgan. Depuis cette ville portuaire, nous nous rendons à Bandar Lengeh, où nous prendrons le bateau, et nous découvrons là-bas un autre type de masque, une structure fine et dorée qui entoure le visage, avec une barre qui couvre partiellement les yeux et une forme de moustache allongée qui dissimule la bouche. 

 

Pour notre dernière nuit en Iran, comme nous ne trouvons nulle part où dormir, nous demandons aux urgentistes de garde d'un centre d'aide médicale si nous pouvons planter la tente dans la cour, ils acceptent enchantés, nous donnant ainsi une dernière belle leçon d'hospitalité. 

 

Entourés de mosquées, nous sommes réveillés à cinq heures du matin par le premier appel à la prière qui semble faire écho d'un minaret à l'autre. Enthousiastes à l'idée de traverser le Golfe Persique et de découvrir la péninsule arabique, mais émus de quitter un pays qui nous a traités comme ses propres enfants, nous montons dans le bateau qui nous mène vers de nouvelles aventures.


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Un immense merci à toute l'équipe de l'Ecole du Ski Français des Contamines-Montjoie pour leur soutien tant matériel que moral !