De Anatolia Central al Kaçkar - De l'Anatolie Centrale au Kaçkar (3937m)

Llevamos casi cinco meses pedaleando y casi 5000 km en las piernas y cada vez que nos subimos a un coche o a un bus, por corto que sea el recorrido, nos asombra la velocidad con la que éstos avanzan, cómo 200 kilómetros, que tardaríamos tres o cuatro días en recorrer, pasan en un abrir y cerrar de ojos, en esta ocasión regalándonos un cambio de paisaje sorprendente.

 

Nos subimos a un bus en Trabzon, ciudad costera construída en las laderas de las montañas que se enfrentan al Mar Negro, éstas son frondosas, verdes, húmedas y están cubiertas por campos de te y de avellanos. Al otro lado de la cordillera se encuentran las altas mesetas de Anatolia Central, áridas, amarillas, aústeras, de pastores con sus rebaños y de trabajadores agrícolas que montan sus tiendas de verano entre los campos de trigo. Tal cambio se debe al efecto meteorológico conocido como Foehn, que consiste en que las masas de aire que entran por el Mar Negro cargadas de humedad, chocan con las montañas, dejando ésta en forma de precipitaciones antes de pasar al otro lado de la montaña más secas y cálidas, dando lugar a este paisaje árido.

Déjà presque cinq mois à pédaler et 5000 kilomètres dans les jambes, et chaque fois que nous montons dans une voiture ou dans un bus, quelque soit la longueur du trajet, la vitesse à laquelle ils avancent nous surprend : la façon dont 200 kilomètres, que nous mettrions trois ou quatre jours à parcourir en vélo, passent en quelques instants, nous offrant à cette occasion des changements de paysages étonnants.

 

Nous montons dans un bus à Trabzon, ville côtière construite sur les pentes des montagnes qui font face à la Mer Noire, luxuriantes, vertes et humides, elles sont couvertes de champs de thé et de noisetiers. De l'autre côté de la cordillère, se trouvent les hauts plateaux de l'Anatolie Centrale, arides, jaunes, austères, peuplés de bergers et de leurs troupeaux, de travailleurs agricoles qui montent leurs tentes d'été entre les champs de blé. Un tel changement de paysage est dû au phénomène météorologique connu sous le nom de Foehn : des masses d'air descendant de la Mer Noire chargées d'humidité qui viennent se heurter au relief des montagnes en y déchargeant de fortes précipitations avant de passer de l'autre côté de la cordillère sous une nouvelle forme sèche et chaude.


Nos bajamos en Ercinzan. La hospitalidad turca sigue siendo una constante, a través de Warm Showers, nos recibe Ibrahim, un joven hiperactivo del deporte que nos abre las puertas de su piso de soltero entre una sesión de parapente y un entrenamiento nocturno de bicicleta de carretera.

 

Al día siguiente partimos dirección a Erzurum, siguiendo el río Eufrates, adentrándonos en territorios kurdos, emocionados con la inmensa carga histórica de este lugar tan sencillo. Al cruzar pueblos como Tercan o Askale, nos sentimos muy extranjeros, aquí nada de inglés, salvo para Islam, que aprovecha la ocasión de los únicos dos turistas del mes para compartir sus experiencias de vida en el extranjero alrededor de un té o dos. Los paisajes son abrumadores, no cuesta nada esperar el atardecer para esconderse entre dos campos de pastoreo. Una noche que estamos cocinando a la luz del frontal debajo de una hilera de álamos, vemos luces que se acercan en el lado opuesto del campo donde no pensábamos ver a nadie. Se apagan las luces, y se enciende un fuego, se oyen unas voces durante un rato hasta que estos temporeros agrícolas se quedan dormidos en lo que parece ser su refugio durante la temporada de trabajo. Despertamos rodeados por un rebaño de ovejas, cuidado por sus tres mastines anatolianos, que pronto se echan a dormir bajo la sombra de los álamos, y por su joven pastor, que no se decide a mover su rebaño, sorprendido porque una pareja de extraterrestres en bicicleta está desayunando en el rincón de sombra donde suele parar a mirar el móvil y a descansar.

 

Nous descendons à Ercinzan. L'hospitalité turque étant une constante, au travers du réseau Warm Showers, Ibrahim nous reçoit. C'est un jeune hyperactif du sport qui nous ouvre les portes de son appartement de célibataire entre une session de parapente et un entraînement nocturne de vélo de route.

 

Le lendemain, nous partons en direction d'Erzurum, longeant le fleuve Euphrate et entrant en territoires kurdes, touchés par l'énorme charge historique de cet endroit si paisible. Lors de la traversée de villages comme Tercan ou Askale, nous nous sentons très étrangers, ici on ne parle pas un mot d'anglais, sauf Islam, qui profite de l'occasion qu'offrent les seuls touristes du mois pour partager ses expériences de vie à l'étranger autour d'un ou deux thés. Les paysages sont à couper le souffle et il n'est pas difficile d'attendre la tombée de la nuit pour se cacher entre deux pâturages et camper. Un soir, pendant que nous cuisinons à la lumière des frontales sous une rangée de peupliers, nous voyons des faisceaux lumineux s'approcher de l'autre côté du champ où nous pensions ne croiser personne. Les lumières s'éteignent, un feu s'allume, des voix s'élèvent un moment jusqu'à ce que ces travailleurs agricoles s'endorment dans ce qui semble être leur abri pendant la saison de travail aux champs. Le lendemain, au réveil, nous sommes entourés par un troupeau de brebis, surveillées de près par trois chiens de berger anatoliens qui finissent par s'endormir à l'ombre des peupliers, et par un jeune homme, qui ne se résout pas à déplacer son troupeau, étonné qu'un couple d'extraterrestres à vélo déjeune dans ce coin d'ombre où il a l'habitude de venir vérifier son téléphone et se reposer.


A nuestra llegada a Erzurum, decidimos confiar nuestras bicicletas a la consigna de la estación de buses, y nos subimos a un minibus que nos lleva al pueblo de Yusufeli, donde la idea es empezar con la aclimatación para el Monte Ararat, y que mejor sitio que en otra de las súper montañas de Turquía, el Kaçkar Dagi (3931m), cima más alta de la cadena montañosa del noreste del país llamada Montes o Alpes Pónticos. Como siempre en este país, en cualquier pueblo de más de tres casas, todo el mundo está en la calle y no pasamos desapercebidos con nuestras mochilas de montañeros. Una vez en Yusufeli, nos dicen que el próximo bus para Olgunlar, pueblo de pastores a 2000 metros de altura, desde donde tenemos pensado empezar a caminar, no sale antes de las tres de la tarde del día siguiente. Esperamos un día entero antes de coger el bus y llegamos a Olgunlar de noche, bajo una lluvia que nos disuade de emprender el camino. Por suerte, un “camelia”, estos pequeños techos con mesa, banco y a veces barbacoa que florecen en todos los parques públicos, privados, playas y zonas de descanso del país, nos sirve de refugio para esta primera noche de frío a los pies del Kaçkar. 

A notre arrivée à Erzurum, nous décidons de confier nos vélos à la consigne de la gare routière et nous montons dans un minibus qui nous emmène au village de Yusufeli, où nous avons prévu de commencer à nous acclimater pour le Mont Ararat en explorant une des plus belles montagnes de Turquie, le Kaçkar Dagi (3931m), point culminant de la chaîne de montagnes du nord-est du pays appelée Monts ou Alpes Pontiques. Comme toujours en Turquie, dans le moindre village de plus de trois maisons, tout le monde est dans la rue et nous ne passons pas inaperçus avec nos gros sac à dos de montagnards. Une fois à Yusufeli, on nous dit que le prochain bus pour Olgunlar, village de bergers à 2000 mètres d'altitude, d'où nous pensons commencer à marcher, ne part pas avant le lendemain à 15 heures. Nous attendons donc un jour entier avant de prendre le bus et nous arrivons à Olgunlar de nuit, sous une pluie torrentielle qui nous dissuade de commencer la randonnée. Heureusement, un “camelia”, ces petits toits avec table, bancs et parfois barbecue qui fleurissent dans tous les parcs publics, privés, plages et aires de repos du pays, nous sert de refuge pour cette première nuit de froid aux pieds du Kaçkar.  


Un día largo nos espera ya que la lluvia del día anterior no nos ha dejado alcanzar el campo base donde planeábamos acampar para dividir en dos la caminata. De camino, escondemos la comida y la tienda en una cabaña de pastor a 2300 metros, para ir más ligeros y avanzar más rápido. Pasamos el campo base normal a 2800m, y antes del lago Deniz, empezamos a pisar la nieve que ha caído durante la noche y que nos tiene abrigados como duendes de navidad. Pero los días son cortos, a las cinco y media ya se hace de noche, y al ver que no avanzamos tan rápido como quisiéramos por lo resbaladizo que se han puesto los caos de bloques de las morrenas con la nieve, en el collado a 3600 metros, decimos adiós a la cima de Kaçkar y empezamos a bajar antes de que se nos eche la noche encima para volver a nuestra cabaña llena de ratones. 

Une longue journée nous attend puisque la pluie de la veille ne nous a pas permis d'atteindre le camp de base où nous pensions dormir pour diviser la randonnée en deux. En chemin, nous cachons la tente et la nourriture dans une cabane de bergers à 2300 mètres, pour être plus légers et avancer plus vite. Nous passons le camp de base normal à 2800 mètres et, avant le lac Deniz, nous touchons pour la première fois la neige qui est tombée pendant la nuit et qui nous oblige à être couverts comme des lutins du Père Noël. Mais les journées sont très courtes, à 17h30, la nuit tombe déjà, et voyant que nous n'avançons pas aussi rapidement que nous le voudrions à cause des moraines glissantes, au col à 3600 mètres, nous disons au revoir au sommet du Kaçkar et commençons à descendre avant que la nuit ne nous tombe dessus, vers notre bergerie pleine de souris.  


Al día siguiente, con el objetivo de hacer desnivel y permanecer en altura, cambiamos la cima por la exploración de los alrededores del lago Deniz, donde el día anterior ya había visto dos treparriscos y huellas de diferentes animales, y el día no defraudó. Cuando olvidas la cima y te tomas el tiempo de mirar a tu alrededor con atención, otra forma de hacer montaña aparece, donde moverse en silencio permite ver todo el increíble ecosistema que acogen estas montañas. El canto, las huellas en la nieve y las camas de perdigallo del Caspio, comadreja y armiño en plena mutación, mirlo acuático por encima de 3000 metros, colirrojo tizón, perdiz chukar... Otra noche en el camelia de Olgunlar antes de coger el bus de vuelta a Yusufeli y a Erzurum. 

Le lendemain, l'objectif étant de faire du dénivelé et de rester en altitude, nous remplaçons l'ascension du sommet par l'exploration des alentours du lac Deniz où, la veille, nous avons vu deux tichodromes échelettes et des traces de différents animaux. Et la journée ne nous a pas déçus. Quand on oublie le sommet et que l'on prend le temps de regarder autour de soi avec attention, une autre manière de faire de la montagne apparaît, où avancer en silence permet d'observer l'incroyable écosystème qu'accueillent ces montagnes. Le chant, les traces dans la neige et les lits du tétraogalle de Perse, belette et hermine en pleine mue, cincle plongeur au dessus de 3000 mètres, rougequeue noir, perdrix choukar... Une dernière nuit sous le camelia d'Olgunlar avant de reprendre le bus de retour à Yusufeli puis à Erzurum.


Nos espera otra gran montaña, cargada de mitos y de tensión histórica, peleada por los pueblos que la rodean, un hito en nuestro viaje, antes de pasar a Irán. Casi 5000 kilómetros, casi 5 meses de pedaleo, y cada vez más energía, más ganas de alejarse, de desprenderse de lo que creíamos necesario.   

Une autre grande montagne nous attend, chargée de mythes et de tension historique, disputée par les peuples qui l'entourent, un moment-clé de notre voyage, avant de passer en Iran. Presque 5000 kilomètres, presque cinq mois de pédalage, et toujours plus d'énergie, toujours plus d'envie de s'éloigner, de se détacher de ce que nous croyions nécessaire.  


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Un immense merci à toute l'équipe de l'Ecole du Ski Français des Contamines-Montjoie pour leur soutien tant matériel que moral !