Del Po al Adriático - Du Pô à l'Adriatique

Desde Punta Sabbioni, Golfo de Venecia, 837 km

 

El río Po es uno de los ríos más largos y más importantes de Italia. Desde su nacimiento en los Alpes hasta su desembocadura en el mar Adriático, está casi todo el tiempo bordeado por la Ciclovía del Po, una ruta para cicloturistas de unos 1600 kilómetros a la que nos hemos incorporado a la altura de la ciudad de Pavia.

 

La verdad que no esperábamos mucho de la llanura del Po pero ésta nos ha deparado varias sorpresas. Un primer encuentro con Martín (esperamos que haya más), un joven cicloviajero argentino que va desde Bruselas hasta Atenas con su ukulele y su caña de pescar; la cena en Cremona en la casa de Shai y Shani, una pareja de músicos israelitas que nos acogieron gracias a la red de Warm Shower; la pareja de abuelitos hospitaleros que nos libró de la tormenta, acogiéndonos en su  albergue de peregrinos a la altura del cruce de la ciclovía con la Vía Francigena (ruta de peregrinaje que sale de Canterbury en Inglaterra para llegar hasta Roma).

 

También hemos confirmado nuestra creencia de que en Italia están prohibidos los pueblos y ciudades feos, cada pueblo al que llegamos para refugiarnos del calor del mediodía o buscar el vivac de la noche nos sorprendió con una plaza, una iglesia, un castillo dignos de cualquier guía de viaje.

 

La llanura del Po es un lugar privilegiado para el avistamiento de aves, hemos tenido la suerte de poder ver y en ocasiones fotografiar abejaruco, martin pescador, abubilla, martinete, avefría europea, flamenco... pero al ser un lugar tan húmedo, también es un lugar privilegiado para el avistamiento de mosquitos. Hemos tenido la inmensa suerte de ver al famoso mosquito paliza-paliza, al mosquito tigre y al mosquito insaciable, capaz de atravesar dos capas de ropa para encontrar el último trozo de cuerpo humano libre de picadura. Este fenómeno alcanza su máximo esplendor en el Delta del Po, zona donde el río se ramifica en cinco antes de juntarse con el Adriático. 

 

Nos ha impactado la privatización de la costa adriática en esta zona, esperábamos llegar al mar pero una sucesión de chiringuitos, estacionamientos y playas privadas nos impidió verlo durante varios kilómetros. Seguimos la costa rumbo a Venecia cruzando en barco de una isla a otra: Pellestrina, Lido de Venecia y Venecia. Aquí el modo de vida está totalmente enfocado hacia el mar: la línea de autobuses está sustituida por una de ferries, el típico coche de chavalines con las ventanillas bajadas y la música a tope es una lancha a motor con el mismo "dáme más gasolina" sobre el ruido del mar. 

 

Nuestro desembarco en Venecia es en plena Piazza San Marco donde el bullicio de los mercaderes y viajantes de tiempos pasados ha sido sustituído por una marea de turistas armados de palos de selfie que, helado en mano, recorren la ciudad gracias a las indicaciones de San Google. Nosotros optamos por el ancestral método del mapa de papel y priorizamos la callejuela estrecha y las mediahoras sentados en bancos observando el espectáculo de las góndolas y de las lanchas que no dejan de ser los coches de los habitantes de la ciudad: bomberos, ambulancias, electricistas navegan entre turistas, acostumbrados a vivir en una de las ciudades más bonitas y curiosas que habíamos visto nunca. 

 

Depuis Punta Sabbioni, Golfe de Venise, 837 km

 

Le fleuve Pô est un des fleuves les plus longs d'Italie. Depuis sa source dans les Alpes piémontaises jusqu'à son embouchure dans la mer Adriatique, il est longé par la Ciclovia del Po, un parcours pour cyclotouristes d'environ 1600 kilomètres que nous avons rejoint aux alentours de la ville de Pavie. 

 

Pour être honnêtes, nous n'attendions pas grand chose de cette immense Plaine du Pô mais celle-ci nous réservait plusieurs surprises. D'abord la rencontre (certainement pas la dernière) avec Martín, un jeune cyclo-voyageur argentin, en route depuis Bruxelles jusqu'en Grèce avec son ukulélé et sa canne à pêche ; puis la soirée chez Shai et Shani, un couple de musiciens israéliens qui nous ont accueillis via le réseau Warm Shower ; et enfin, le couple d'anciens qui nous a recueillis juste avant l'orage et installés dans leur auberge de pèlerins de la Via Francigena (qui va de Canterbury à Rome). 

 

Nous avons aussi confirmé notre théorie qui veut qu'en Italie les villes ou les villages laids soient interdits : dans chaque village où nous nous sommes réfugiés de la chaleur du début d'après-midi, où nous avons cherché un coin pour le bivouac du soir, nous avons été surpris par une place pavée, une église, un château digne de n'importe quel guide de voyage. 

 

La Plaine du Pô est un lieu privilégié pour l'observation d'oiseaux, nous avons eu la chance de voir et parfois de photographier guêpier, martin-pêcheur, huppe fasciée, bihoreau gris, vanneau huppé, flamand rose... mais, étant donnée l'humidité ambiante, c'est aussi un endroit privilégié pour l'observation des moustiques. Nous avons eu la chance exceptionnelle de côtoyer le moustique tigre, le moustique dégage-de-là, le moustique même-à-travers-la-polaire, capables de traverser deux couches de vêtements pour trouver le dernier morceau de corps humain encore exempt de piqûre. Ce phénomène atteint sa plus grande ampleur dans le Delta du Pô où le fleuve se ramifie en cinq avant de se jeter dans l'Adriatique. 

 

La privatisation de cette portion de la côte adriatique nous a beaucoup choqués, nous attendions avec impatience d'atteindre la mer mais une succession de buvettes, parkings et plages privées nous a empêchés de l'apercevoir pendant plusieurs kilomètres. Nous avons suivi la côte en direction du Nord en passant d'une île à l'autre en ferry: Pellestrina, Lido di Venecia et Venise. Ici le mode de vie est entièrement tourné vers la mer et conditionné par elle: la ligne de bus est remplacée par une ligne de ferry, les voitures aux vitres baissées, musique hurlante, qui font des dérapages sur les parkings des salles des fêtes de France et d'Espagne sont ici des petits bateaux à moteur qui crachent le même reggaeton par dessus le bruit des vagues. 

 

Nous débarquons à Venise en pleine Piazza San Marco où le tumulte des marchands de la Route de la Soie a été remplacé par une marée de touristes armés de perches à selfie qui parcourent la ville, glace à la main, grâce à Saint Google Maps. Nous choisissons l'ancestrale méthode de la carte en papier et donnons la priorité aux ruelles étroites et aux demi-heures assis sur des bancs à observer le spectacle des gondoles et des petits bateaux à moteur qui sont finalement le moyen de transport des habitants de la ville: les pompiers, ambulanciers, électriciens naviguent entre les touristes, habitués à vivre dans ce musée (ou parc d'attraction) à l'air libre qui est aussi une des villes les plus belles et curieuses que nous avions vues jusqu'alors. 


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Un immense merci à toute l'équipe de l'Ecole du Ski Français des Contamines-Montjoie pour leur soutien tant matériel que moral !